
Quatre ans après l'entrée de Meridiam à son capital, Raxio ouvre une nouvelle phase de développement. Les actionnaires historiques de la plateforme panafricaine de data centers, Meridiam (46,5 %) et Roha (48,5 %)*, viennent de renforcer leur engagement en injectant environ 30 M$ de capitaux propres supplémentaires, portant les fonds propres engagés de 350 M$ à plus de 380 M$. Présente en Ouganda, en Éthiopie, au Mozambique, en RDC, en Côte d'Ivoire et en Angola, la société prépare désormais son implantation en Tanzanie. Cette nouvelle enveloppe doit lui permettre d'accélérer son expansion sur un marché africain des infrastructures numériques en forte croissance. « Nos actionnaires nous ont confirmé qu'ils souhaitaient continuer à accompagner notre stratégie de croissance en renforçant leurs investissements. Pour une entreprise comme la nôtre, il n'y a pas de meilleur signal que de voir ses investisseurs historiques décider de financer eux-mêmes la prochaine étape de son développement », explique Robert Skjodt, CEO de Raxio.
Une plateforme financée progressivement depuis 2018
Créé en 2018 par le fonds d'investissement Roha Group, Raxio développe des data centers de colocation Tier III sur des marchés africains encore peu équipés en infrastructures numériques.
En 2021, Meridiam est entré au capital, en investissant 48 M$ via Meridiam Infrastructure Africa Fund II,afin d'accompagner le déploiement régional de la plateforme. Deux ans plus tard, Raxio a levé jusqu'à 170 M$ de dette liée au développement durable pour financer la construction de nouveaux sites. En 2025, l'entreprise a complété sa structure financière avec un financement de 100 M$ accordé par l'International Finance Corporation (IFC), auquel s'ajoutent des concours de Proparco et de l'Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF). Le groupe indique disposer de plusieurs centaines de millions de dollars de ressources encore disponibles, destinées à l'extension de ses six campus existants, ainsi qu'au développement de capacités supplémentaires pour des opérateurs télécoms et des hyperscalers. Si les ressources actuelles couvrent les projets identifiés, Raxio n'exclut pas de recourir à de nouveaux financements à mesure de son expansion. En revanche, le groupe ne prévoit pas, à ce stade, d'ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs.
L'IA fait changer d'échelle le marché africain
Au-delà du renforcement de ses fonds propres, l'annonce traduit surtout l'accélération du marché africain des data centers. Au premier semestre 2026, Raxio indique avoir signé six fois plus de capacités électriques qu'à la même période l'an dernier. « Nous assistons à un véritable changement d'échelle de la demande. Les projets que nous examinons dépassent désormais très souvent les 10 MW, principalement portés par le développement du cloud et les nouveaux usages liés à l'IA », souligne le dirigeant. Cette dynamique s'inscrit dans une tendance de fond. Selon McKinsey, la capacité installée de data centers en Afrique pourrait passer de 0,4 GW aujourd'hui à 1,5 à 2,2 GW d'ici 2030, générant plus de 20 Md$ de revenus supplémentaires sur l'ensemble de la chaîne de valeur, sous l'effet de la montée en puissance du cloud et de la numérisation des économies africaines.
L'électricité, principal défi
Pour autant, « le véritable défi n'est pas la demande de data centers, mais l'accès à une électricité fiable. Nous voulons accompagner le développement de nouvelles capacités de production, notamment renouvelables, plutôt que de prélever une ressource déjà limitée dans les pays où nous opérons » souligne le dirigeant. Et de rappeler que les réglementations en vigueur dans de nombreux pays africains, encore fondées sur un modèle d'acheteur unique de l'électricité, limitent le développement de contrats directs d'approvisionnement avec des producteurs privés, notamment dans les énergies renouvelables. Après l'ouverture de trois nouveaux data centers en RDC, en Côte d'Ivoire et en Angola en 2025, Raxio poursuit l'extension de son empreinte africaine. À mesure que les projets gagnent en taille et en densité de calcul, le coût de développement d'un data center atteint désormais environ 10 M$ par mégawatt installé, selon Robert Skjodt, avec des variations selon les spécifications techniques des installations. Présent dans sept pays africains, Raxio emploie environ 150 collaborateurs, l'ensemble de ses data centers étant exploités par des équipes locales. Selon nos informations, le groupe prépare par ailleurs le recrutement d'un nouveau dirigeant, dont l'annonce devrait intervenir dans les prochaines semaines.
*Les 5 % restants sont détenus par une fondation destinée au management et aux salariés








