
Hy24 ajoute du core à son portefeuille. Le gérant spécialisé dans l’hydrogène bas carbone signe son premier investissement dans une infrastructure régulée, en concluant un accord avec l’énergéticien Uniper pour reprendre sa participation de 20 % dans le corridor Ostsee-Pipeline-Anbindungsleitung (Opal). Long de 470 km entre Lubmin, dans le nord-est de l’Allemagne, et Brandov, à la frontière germano-tchèque, l’ouvrage est progressivement converti du gaz naturel à l’hydrogène, avec un basculement complet visé à horizon 2030.
Uniper contraint à la cession
L’opération est réalisée via le véhicule Clean Hydrogen Infrastructure, qui acquiert 100 % de Lubmin-Brandov Assets, la société portant la participation d’Uniper dans Opal. Les 80 % restants sont détenus par le gestionnaire allemand de réseau de transport Gascade Gastransport GmbH. Pour Uniper, la cession répond à une contrainte réglementaire et s’inscrit dans les mesures correctives imposées par la Commission européenne au titre des règles européennes relatives aux aides d’État.
Hy24 diversifie son profil de risque
Côté acquéreur, l’intérêt tient notamment à la diversification du profil de risque. Les rendements des infrastructures de type core sont « plus sécurisés par rapport au cœur du métier de Hy24, qui est d’investir dans des projets greenfield comportant des risques de technologie et de développement », explique Pierre-Etienne Franc, cofondateur et directeur général d’Hy24. L’investissement permet aussi à la coentreprise d’Ardian et de FiveT Hydrogen « de se frotter à un écosystème critique pour l’avenir de l’économie de l’hydrogène, qui nous intéresse aussi dans d’autres géographies ». Hy24 n’était d’ailleurs pas seul en lice pour cette participation, signe, selon son dirigeant, qu’« il y a de l’appétit pour les projets qui avancent ». Un constat particulièrement visible en Europe du Nord. « L’Allemagne et, plus généralement, l’Europe du Nord sont clairement les zones les plus mobilisées », observe-t-il. L’enjeu consiste notamment à acheminer l’énergie renouvelable produite en mer du Nord vers les grands bassins industriels du sud de l’Allemagne, soit directement via le renforcement des réseaux électriques à haute tension, soit après sa conversion en hydrogène et son transport par pipeline.
L’âge de « l’atterrissage »
Plus largement, le marché de l’hydrogène serait entré dans « l’âge de l’atterrissage sur de vrais projets », estime Pierre-Etienne Franc. Après l’éclatement de la bulle, les projets « très gros, un peu fantaisistes » ont disparu, tandis que certains des plus petits ont été abandonnés. Restent ceux adossés à des besoins industriels identifiés, notamment dans l’acier, la chimie, le raffinage ou les carburants de synthèse. Plusieurs « grands secteurs de l’industrie sont en train d’avancer », avec des projets dont le développement s’étale généralement sur « quatre à cinq ans », poursuit-il. Hy24, qui totalise plus de 2 Md€ d’engagements, en a désormais déployé environ 50 %. Après Elyse Energy, positionné notamment sur les e-carburants pour l’aviation et le maritime, ou encore HysetCo dans la mobilité hydrogène, le gérant prépare déjà la suite : « un ou deux autres deals sont actuellement dans le pipe », confie son cofondateur.







