
Logivolt change de braquet pour accompagner l’électrification du parc automobile français. Jusqu’ici exclusivement financée sur les fonds propres de son actionnaire, la Caisse des Dépôts, sa filiale à 100 % conclut un financement vert de 300 M€ auprès de BPCE, première ouverture de son modèle à de la dette externe. Une opération qui doit lui permettre de porter sa capacité totale d’investissement à près de 500 M€, en y associant environ 200 M€ de fonds propres.
« Historiquement, nous étions uniquement financés par notre actionnaire, qui nous avait octroyé une enveloppe de 190 M€. Pour la première fois, nous nous ouvrons à l’extérieur et faisons entrer des bailleurs de fonds du marché », explique à CFNEWS INFRA Pierre Eymard, directeur général de Logivolt.
Une première dette externe
Sélectionné à l’issue d’un roadshow mené auprès de plusieurs établissements bancaires, BPCE intervient comme arrangeur et prêteur de l’opération. Le financement, affiche une maturité classiquement comprise entre cinq et dix ans et pourra être tiré progressivement, au rythme des investissements réalisés par Logivolt. Les sommes sont exclusivement destinées aux capex liés aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE). La dette est portée directement par Logivolt et sans recours sur la Caisse des Dépôts : elle n'est donc pas garantie par son actionnaire. Selon nos informations, elle s’appuie sur les actifs et contrats constituant le portefeuille du tiers-financeur. Au-delà de l'apport de nouvelles ressources, l'opération constitue pour la société une première confrontation de son modèle au marché du crédit. « Réussir à lever ce montant avec des banques, c'est aussi une validation par le marché. Notre modèle économique fonctionne et nous permet d'attirer les investisseurs que sont les prêteurs », estime Pierre Eymard.
Un modèle de tiers-financement
Créée en 2021 par la Caisse des Dépôts, Logivolt finance les infrastructures collectives permettant la recharge des véhicules électriques dans les copropriétés et logements sociaux. « Nous sommes investisseurs et financeurs. Nous n’installons pas de bornes et nous ne vendons pas d’électricité », résume son dirigeant. Concrètement, le tiers-financeur prend en charge l’intégralité du pré-équipement électrique des parkings, sans coût initial pour la copropriété, tandis que l’installation et l’exploitation sont assurées par huit opérateurs référencés, dont WAAT, Zeplug et IZI by EDF.
Logivolt récupère ensuite progressivement son investissement à mesure que les résidents installent leur borne et se raccordent à l’infrastructure collective. Ses revenus dépendent donc directement du rythme des raccordements, lui permettant d’amortir les capitaux engagés au fil de l’électrification du parking.
26 000 immeubles dans le viseur
Avec ces nouvelles ressources, Logivolt vise le pré-équipement de 26 000 immeubles, soit 1,7 million de places de stationnement d’ici 2030. Le tiers-financeur compte déjà 8 500 copropriétés et 1 000 immeubles de logements sociaux dans son portefeuille, représentant environ 150 M€ d’investissements engagés. Pour atteindre son objectif, il devra toutefois doubler son rythme de déploiement et contractualiser quelque 18 000 copropriétés supplémentaires. Le potentiel reste important : sur un marché adressable estimé à 180 000 immeubles, seuls 6 % seraient aujourd’hui équipés. « Les opérateurs sont structurés, l’écosystème est structuré : il faut maintenant exécuter et dérouler le modèle », estime le dirigeant. Cette accélération accompagne celle du véhicule électrique, dont Logivolt estime la part à 38 % des ventes de véhicules neufs en août 2026, contre 33 % en juin, bien au-delà des 25 % retenus dans ses projections. Avec 15 salariés et 12,5 M€ de chiffre d’affaires en 2025, la société n’envisage pas de nouveau financement à ce stade, mais pourrait revenir sur le marché si ses besoins dépassaient les 500 M€ désormais mobilisables.








